L'historique de la force au Québec

Aussi loin que remonte la mémoire collective, émergent des preuves que l'homme a eu le goût de mesurer sa force en soulevant des poids.

Samson, hercule, milon de crotone ne sont que l'illustration d'un mythe éternel de la force à travers l'histoire de l'humanité. Quel enfant n'a jamais rêvé devant les douze travaux d'hercule, la force que samson trouvait dans sa chevelure ou encore la puissance que déployait le grec milon pour charger un bœuf sur ses épaules.


Dès 3600 avant jésus-christ, on trouve en chine le premier programme connu d'exercices physiques, avec ou sans " charges additionnelles " ! En 1122-248 avant j.c., les tests haltérophiles sont inclus dans l'examen d'entrée de l'armée. Dans l'égypte ancienne, l'activité haltérophile était présente comme en témoignent les fresques du mur de béni hassen illustant des soulevés de pierres, des pieces de marbre ou de plomb.les siècles passent… la passion pour la force demeure…


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LE QUÉBEC…

…qui a longtemps été une terre de bûcherons et d'agriculteurs, a donné naissance, au fil des ans, à bien des hommes forts. On peut citer les noms de Louis Cyr, Victor De Lamarre et, bien sûr, Jos Montferrand.


JOS MONTFERRAND

Montferrand naquit à Montréal en 1802. À cette époque, les Anglais, qui étaient nouveaux maîtres du pays, provoquaient sans cesse les Canadiens français, et de multiples bagarres en résultaient. Les hommes forts constituaient un motif de fierté pour un petit peuple que les circonstances avaient dépossédé de tout pouvoir politique et économique.

Jos Montferrand acquit sa réputation de redresseur de torts, grâce à son adresse et à ses muscles, mais aussi parce qu'il ne pouvait supporter qu'un Anglais méprisât ou insultât l'un des siens.

On aurait tort, cependant, de voir en lui une sorte de gros colosse provoquant, ivrogne et querelleur. Son esprit religieux et sa sobriété en faisaient un homme calme et facile. À ceux qui raillaient sa répugnance à se battre, il disait : " J'ai promis à ma mère et à la Sainte Vierge de n'agir que si je voyais une chose mauvaise, un tort, une insulte ou un " fort opprimant le faible ". " Il dût, malgré cela, intervenir très souvent et faire sentir à bien des arrogants la force de ses bras, la dureté de son poing et la souplesse de sa botte.

Nous n'en finirions point de raconter les défis qu'il reçus et les leçons qu'il donna aux imprudents qui le provoquèrent. Jos Montferrand fut, de tous les hommes forts du Canada, le seul à entrer dans la légende, à devenir un personnage mythique. Ayant acquis une fortune rondelette, Montferrand se retira de l'activité en 1856. Bon voisin, il coula des jours paisibles, regrettant d'avoir vécu à une époque de troubles et d'avoir acquis une réputation issue, en quelque sorte, de la violence et de la force brutale. Il mourût à Montréal en 1864.

 





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Louis Cyr

Louis Cyr naquit en 1863, à Napierville, au Québec. Il était l'aîné d'une famille de 17 enfants. Cyr hérita de sa stature non pas de son père, qui était de taille normale, mais bien de sa mère qui mesurait plus de 1,83m (6 pieds) et pesait près de 123kg (270lbs). À sa naissance, Louis pesait 8kg (18lbs) et était, de toute évidence, destiné à faire les choses en grand.

Il a quitté l'école à l'âge de 12 ans pour aider à subvenir aux besoins de sa famille. La légende veut que Cyr ait perdu son emploi à 15 ans, dans un moulin à scie, quand le propriétaire s'est lassé de voir ses employés abandonner leur travail pour regarder ses tours de force.

Louis Cyr a rencontré celle qui allait devenir sa femme et se sont installés à Montréal, où il a accepté un poste de policier.

Un soir, Cyr s'est présenté au poste de police, remorquant trois malfaiteurs qui avaient eu la mauvaise idée de résister à leur arrestation. Il a empoigné un homme sous chaque bras, et a coincé le troisième comme un étau devant lui. C'est chargé de la sorte qu'il s'est présenté au poste, aucun des trois malfaiteurs ne portant sur le sol. La nouvelle de l'arrestation s'est propagée partout dans la ville et la réputation de Cyr s'est mise à prendre de l'ampleur.

Tous les hommes qui ont osé se mesurer à Louis Cyr ont reconnu sa force physique supérieure. Il fut reconnu comme l'homme le plus fort de son époque. Il aurait établi des records qui n'ont jamais été battus. Au sommet de sa forme, il mesurait 1,83m (moins de 6 pieds) et pesait 143 kg (315lbs). Il mourût en 1912 à l'âge de 49 ans.
 


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VICTOR DE LAMARRE
Le roi de l'haltère

Dans son livre édité en 1924 et intitulé " Victor De Lamarre, le roi de l'haltère ", l'auteur C. de la Roche disait :

" Notre race canadienne-française, surtout dans nos campagnes, est demeurée une race robuste et forte, parce qu'elle est une race jeune, frugale, profondément morale et chrétienne. Dans la région saguenéenne, particulièrement, il n'est pas rare de rencontrer des hommes doués d'une force physique remarquable. "

Victor De Lamarre est né à Hébertville, le 24 septembre 1888. À l'âge de 13 ans, à l'insu de ses parents, il prenait part à des exhibitions de boxe, d'où il en sortait vainqueur, contre de jeunes boxeurs de 17 à 18 ans. Son père, qui eut vent de l'affaire, comprit qu'il valait mieux renoncer aux études de son fils, et le diriger, selon son tempérament et sa nature.

Ce fut le 2 avril 1914, au théâtre Arcade, que Victor De Lamarre établit son record, par un tour de force absolument inconnu dans les anales du sport, l'épreuve " dévissé ", qui consiste à élever un poids lourd à son épaule et de là, à le pousser au bout du bras . Ce soir-là, il dévissa un poids phénoménal de 309,5 livres, brisant ainsi le record établi par Louis Cyr, qui était de 273,25 livres.

Voici un extrait du journal " La Presse " dans son numéro du 4 avril 1914.

" PRODIGIEUX TOUR DE FORCE D'UN NOUVEAU SAMSON CANADIEN. LE CONSTABLE VICTOR DE LAMARRE, PESANT 154 LIVRES, FAIT UN " DÉVISSÉ " AVEC L'ÉNORME POIDS DE 309 LIVRES. UNIQUE RECORD DANS LES ANALES DE L'ATHLÉTISME. "

 

" Cet étonnant tour de force a été exécuté devant 1300 personnes. Comme De Lamarre n'est âgé que de 24 ans et qu'il est bâti en hercule, on peut croire qu'il ira loin et qu'il se fera une renommée mondiale. Il n'y a aucun doute qu'il émerveillera les populations et qu'il saura prouver que les Canadiens sont toujours les premiers dans le domaine de la force. "

Le 12 janvier 1914, De Lamarre donna sa démission comme constable dans la police de Montréal et retourna dans sa famille. Tout le bruit qui se faisait autour de son nom l'avait fait connaître aux quatre coins de la province et bien au-delà. Dès lors, il commença à donner des exhibitions dans plusieurs villes du Canada ainsi qu'aux États-Unis.

Les aînés se souviendront que M. De Lamarre ne manquait pas de venir faire ses exhibitions au Saguenay-Lac-St-Jean. Il venait se produire à l'aréna de Dolbeau, les dimanches en après-midi et en profitait pour aller saluer sa sœur, qui est la grand-mère de Gaston Hébert, homme d'affaires bien connu à Dolbeau-Mistassini.

Dans ses exhibitions, De Lamarre exécutait son " dévissé " et, bien sûr, le lever du cheval dans un poteau. L'athlète se passait des bretelles aux épaules et les accrochaient à une sangle qui entourait le corps du cheval, d'une pesanteur d'environ 1000 livres. Par la suite, il le levait en grimpant dans le poteau planté verticalement.

Il dût abandonner ce tour de force, à la demande de la Société Protectrice des Animaux, qui avait pris en pitié le pauvre cheval, qui, dit-on, se sentait mal dans les sangles qui l'étreignaient trop fort lorsqu'il perdait pied, et se voyait enlevé de vive force par son maître devenu trop grimpeur à son gré.

Victor De Lamarre mourût le 13 mars 1955 à l'âge de 67 ans.



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HUGO GIRARD…
…Sur les traces de Louis Cyr…

Hugo Girard avait à peine 12 ans quand il s'est mis à affirmer avec conviction qu'il allait devenir l'homme le plus fort du monde. Dix-huit ans plus tard, celui dont les aspirations suscitaient autrefois bien des rires n'a jamais été aussi près de réaliser son rêve.

Après les Montferrand, De Lamarre et Cyr, c'est au tour de Hugo Girard de reprendre le flambeau. En 1999, soit à peine un an après ses débuts en tant qu'athlète de force, le colosse de 6'2'', pesant 330 lbs, âgé de 31 ans et originaire de Sainte-Anne-de-Portneuf, a réussi à terminer au quatrième rang de la compétition World's Strongest Man présentée à l'Île de Malte, au Maroc.

Dans la vie de tous les jours, l'homme le plus fort au pays est policier à Gatineau, en Outaouais. Ce rôle au sein des forces constabulaires est d'autant plus intéressant car Louis Cyr, lui-même, a été gardien de la paix à Montréal pendant un certain temps.
 

" Je m'entraîne beaucoup en gymnase, mais aussi dans un hangar, où j'entrepose tout mon matériel d'entraînement hors salle. Je m'exerce à maîtriser les différentes épreuves présentées lors des compétitions, telles que le lever de l'automobile, les roches rondes d'Atlas, la bascule du pneu, le tire d'un véhicule ou encore la prise d'Hercule. Pour être parmi les meilleurs au monde, il ne s'agit pas seulement d'être gros et fort, il faut être aussi athlétique et en forme. Je fais aussi du " footing " et plusieurs exercices cardio-vasculaires pour améliorer ma vitesse d'exécution et mes déplacements. "

Hugo Girard fait également preuve d'une force peu commune entre les deux oreilles. Au dire du principal intéressé, l'influence du boxeur légendaire Mohammed Ali n'est pas étrangère à ce côté de sa personnalité : " J'ai lu sa biographie à l'école primaire et ça m'a vraiment marqué. C'est à ce moment-là que j'ai compris l'importance d'agir selon ses convictions personnelles et d'être déterminé pour espérer réaliser ses rêves. "

Hugo est également impliqué activement dans la promotion du sport en tant que président de la Fédération canadienne des athlètes de force (FCAF). Cette participation au développement de compétitions lui assure une visibilité encore plus grande, ce qui fait en sorte que les spectateurs et les athlètes lui confèrent le rôle de porte-parole de ce sport au Canada.

Reconnu pour son sens de l'humour et ses qualités d'orateur, il donne aussi des conférences sur les bienfaits de l'entraînement, le dépassement personnel et la nécessité de rester loin des drogues. Il croit fermement que pour donner un sens à sa vie, il faut des rêves. Hugo rêvait de participer au World's Strongest Man. Maintenant, il rêve de devenir l'homme le plus fort du monde…

À Sun City, en Afrique du Sud, en août 2000, Hugo a participé au World's Strongest Man. À cette occasion, il s'est blessé lors des qualifications.

En 2001, selon le site Internet worldstrongestman.com, Hugo Girard était le favori pour remporter le WORLD'S STRONGEST MAN, qui avait lieu au Zambie, en Afrique du Sud, mais notre Québécois, usant de malchance encore une fois, se blessa à la main et termina la compétition au 6e rang.




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